Au cours de l’année écoulée, la COOPERACIÓ ACTIVA AL CAMP DE TARRAGONA I LES TERRES DE L’EBRE a étendu son champ d’action à d’autres villes du Camp de Tarragona et des Terres de l’Ebre, en ouvrant de nouvelles délégations et, par le biais de groupes de travail liés à celles-ci, en concentrant également ses activités de coopération internationale dans d’autres régions du Sénégal.
Profitant de ce nouveau cadre territorial d’influence, parallèlement au débat sur le rôle de la diaspora dans le domaine de la coopération internationale et de l’approche dite de co-développement, nous avons jugé opportun de parvenir à un consensus sur un plan d’action territorial qui contribuera à améliorer notre impact au niveau local et à établir des alliances avec d’autres acteurs pour renforcer la coopération à partir du monde local dans les régions de Tarragone et de l’Èbre.
Compte tenu de l’autonomie attribuée à chacun des groupes de travail de l’Active Partnership, ce plan se limite à suggérer des lignes d’action prioritaires qui devront prendre forme et évoluer en fonction des décisions prises par chacun de ces groupes locaux.
À partir de cette vision et de cette déclaration d’intentions, voici quelques-unes des idées clés présentées dans ce plan de mise en œuvre territoriale pour le Camp de Tarragona et les Terres de l’Ebre :
1. Rechercher le maximum de soutien et de diffusion locale des projets de coopération et de globalisation de la justice sociale afin de devenir l’une des références de la coopération au niveau local, en étendant notre présence à Valls, Montblanc, Cambrils, Tortosa et Reus, villes dans lesquelles la consolidation des groupes locaux et la mise en réseau avec ceux qui existent déjà à Tarragone, Amposta, Salou et Terra Alta seront favorisées.
2. Remettre en question la réification qui est souvent faite des membres de la diaspora – en tant que migrants – en tant qu’étrangers (bénéficiaires des sociétés d’accueil) et mettre l’accent sur l’activation de dispositifs pour leur accueil.
Au sein de la diaspora sénégalaise, nous avons des personnes qui sont arrivées récemment, d’autres qui sont au Camp de Tarragona et aux Terres de l’Ebre depuis plus de vingt ans, ainsi que leurs fils et filles nés ici. Se concentrer exclusivement sur le premier segment nous empêche généralement de prendre en compte les deux autres et la violation des droits dont ils peuvent souffrir.
3. Se faire connaître dans les villes où nous sommes présents par la participation et la coopération active avec d’autres entités et administrations dans leur vie socioculturelle et associative, en assistant et en soutenant les causes sociales et solidaires organisées dans ces villes, ainsi qu’en participant aux journées, foires d’entités et activités populaires destinées au tissu associatif.
4. Assumer une position plus explicite et idéologiquement féministe en promouvant l’auto-organisation des femmes au Sénégal autour d’entités et de réseaux locaux qui assurent le respect des lois paritaires de l’État, la connaissance de ces lois et leur légitimation au sein de la population, ainsi que la facilitation d’un plus grand impact des politiques et programmes publics existants sur l’égalité entre les hommes et les femmes au Sénégal.
En ce qui concerne le Camp de Tarragone et les Terres de l’Ebre, ouvrir un espace de réflexion communautaire où les femmes de la diaspora sénégalaise de différentes sensibilités – en tenant compte de variables telles que l’âge, l’éducation, l’ethnie, la position économique, etc. – peuvent raconter leur histoire (sans renoncer aux valeurs qu’elles considèrent comme importantes) afin de parvenir à une plus grande égalité effective des droits entre les hommes et les femmes.
Il est également important d’identifier les discriminations dont les femmes, ainsi que les migrants et les personnes non blanches racisées, peuvent souffrir et d’établir des stratégies pour les dénoncer et les combattre, en établissant des synergies avec d’autres agents féministes au Camp de Tarragona et aux Terres de l’Ebre, en profitant de la réceptivité qui existe parmi la plupart des mouvements féministes à l’égard d’une perspective intersectionnelle et du fait qu’elles sont des femmes non blanches racisées d’origine africaine.
5. Susciter l’intérêt des jeunes de la diaspora en tant que segment de l’activisme et de l’action antiracistes, tout en augmentant le nombre de jeunes de la diaspora impliqués dans le fonctionnement de l’organisation et dans la conception et la gestion de projets de mondialisation et de coopération dans le domaine de la justice sociale.
Nous voulons que ce qui définit l’organisation soit sa volonté d’être enracinée localement, tant dans ce que nous faisons au niveau du Camp de Tarragone et des Terres de l’Ebre, que dans les populations rurales au sein desquelles nous travaillons au Sénégal.
Nous devons produire nos propres histoires dans la région de Tarragone sur comment et quoi faire en matière de coopération, en récupérant un aspect critique du secteur face à une consommation de plus en plus habituelle et non critique de discours hégémoniques qui, alimentés par une augmentation significative des fonds publics liés à l’internationalisation des grandes ONGD, sont de plus en plus dissociés, tant en Catalogne que dans les pays où ils interviennent, de leur incidence et de leur impact sur la population locale.
Contrairement à ces inerties, nous sommes une entité provinciale qui souhaite renforcer son impact local. Nous croyons en la coopération locale. C’est pourquoi, dans les 5 axes stratégiques, nous insistons sur la collaboration avec d’autres acteurs locaux et administrations municipales pour contribuer à légitimer ces actions de solidarité et s’impliquer dans la défense des droits que nous voulons garantir au maximum de ses habitants.